Qu’est-ce que la facturation électronique ?
La facturation électronique (ou « e-invoicing ») est une réforme qui impose, à terme, l’émission et la réception de toutes les factures entre professionnels sous un format numérique normé, transmis obligatoirement via une plateforme agréée par l’administration (une PDP, plateforme de dématérialisation partenaire). Un PDF envoyé par email, une facture scannée ou un document papier ne seront plus considérés comme conformes une fois la réforme pleinement appliquée : une facture électronique doit contenir des données structurées, lisibles à la fois par un humain et par un logiciel.
Suis-je concerné en tant qu’artiste-auteur, même en franchise en base de TVA ?
Oui. La réforme concerne toute entreprise, tout indépendant et toute profession libérale assujettis à la TVA, quels que soient leur taille, leur chiffre d’affaires ou leur régime d’imposition. Les artistes-auteurs bénéficiant de la franchise en base de TVA (la situation la plus fréquente, où aucune TVA n’est facturée) restent malgré tout assujettis à la TVA au sens de la réforme : ils sont donc concernés, en réception comme en émission de factures électroniques.
Quel calendrier s’applique concrètement à un artiste-auteur ?
Comme la quasi-totalité des artistes-auteurs relèvent du régime des micro-entreprises ou de petites structures, deux échéances s’appliquent : à partir du 1er septembre 2026, vous devez être en mesure de recevoir des factures électroniques de vos fournisseurs (matériel, assurance, etc.) ; à partir du 1er septembre 2027, vous devrez à votre tour émettre vos propres factures au format électronique et transmettre vos données de transaction et de paiement à l’administration (« e-reporting »). Rien ne vous empêche cependant de vous équiper et de commencer plus tôt.
Que se passe-t-il si mon client est un particulier (un collectionneur) ou un client à l’étranger ?
Dans ce cas, vous continuez à envoyer votre facture par le canal habituel (email, courrier, PDF), car l’obligation de facturation électronique à proprement parler ne concerne que les échanges entre entreprises françaises assujetties à la TVA. En revanche, vous devrez transmettre les données de cette vente ou de cette prestation (montant, date, etc.) à votre plateforme agréée, qui les fera suivre à l’administration fiscale : c’est ce qu’on appelle le « e-reporting ». Or la majorité des ventes d’œuvres se faisant à des particuliers, cette situation concernera très souvent les artistes-auteurs.
Comment « s’enregistrer » : qu’est-ce qu’une plateforme agréée (PDP) ?
Une plateforme de dématérialisation partenaire (PDP) est un prestataire immatriculé par l’administration fiscale, qui sert d’intermédiaire obligatoire pour envoyer et recevoir vos factures électroniques et transmettre vos données à l’administration. Vous devrez choisir votre propre PDP (il en existe déjà plus de 70, certaines proposant une offre gratuite pour les petites activités) : c’est cette démarche de choix et de paramétrage de votre plateforme que l’on désigne généralement par « s’enregistrer » à la facturation électronique. La liste officielle des plateformes agréées est publiée et mise à jour sur impots.gouv.fr.
Si j’utilise déjà un logiciel de facturation, dois-je en changer ?
Pas nécessairement. Si votre logiciel actuel (comptabilité, facturation, caisse) est une « solution compatible », il pourra transmettre vos factures et vos données à votre PDP sans que vous ayez à changer d’outil. Si vous n’utilisez aucun logiciel aujourd’hui, vous pourrez créer vos factures directement depuis l’interface de la plateforme agréée que vous aurez choisie, sans frais de logiciel supplémentaire dans de nombreux cas.
Mes factures vont-elles changer de contenu ?
Les règles de facturation (mentions obligatoires actuelles, calcul, numérotation) restent identiques, mais quatre nouvelles mentions devront être ajoutées à compter du 1er septembre 2026 : le numéro Siren du client professionnel, la catégorie de l’opération (vente de bien, prestation de service, ou les deux), la mention de l’option pour le paiement de la TVA sur les débits le cas échéant, et l’adresse complète de livraison si elle diffère de l’adresse de facturation du client (voir la fiche « Mentions obligatoires d’une facture »).
Cette réforme a-t-elle un lien avec la suppression du régime simplifié de TVA ?
Oui, les deux réformes sont menées en parallèle mais restent distinctes. Le régime simplifié de déclaration de TVA est supprimé au 1er janvier 2027 : à partir de cette date, il n’existera plus qu’un seul régime réel d’imposition à la TVA, avec deux modalités de déclaration possibles selon le chiffre d’affaires. Ce changement ne concerne que les artistes-auteurs assujettis à la TVA (au réel), pas ceux qui bénéficient de la franchise en base.
Où trouver de l’aide pour me préparer ?
Un numéro national d’assistance (0 806 807 807) répond aux questions sur la réforme. Vous pouvez aussi vous appuyer sur votre expert-comptable si vous en avez un, ou sur les webinaires et fiches pratiques dédiés aux artistes-auteurs proposés par des organisations comme La Maison des Artistes ou le CAAP, qui traduisent la réforme dans le contexte spécifique de l’activité artistique.
Sources officielles
- economie.gouv.fr – Tout savoir sur la facturation électronique pour les entreprises
- impots.gouv.fr – Facturation électronique et plateformes agréées
- impots.gouv.fr – Liste des plateformes agréées immatriculées
- Urssaf – La facturation électronique obligatoire au 1er septembre 2026
- Service-Public – Facturation électronique : c’est pour bientôt
- CAAP – Comment s’applique la réforme de la facturation électronique pour les artistes-auteur·ices ?
- La Maison des Artistes – FAQ : l’environnement fiscal des artistes